Quentin Lefranc: Là
QG Gallery a le plaisir de présenter la nouvelle exposition personnelle de l'artiste Français "Quentin Lefranc" Là
Opening Thursday January 15th from 5 to 8 pm
Until February 28th, Rue Saint-Georges 13, 1050 Brussels, Belgium
A l’image du titre qu’il donne donne à son exposition, Quentin Lefranc (né en 1987) explore l’espace autant que la manière dont on le désigne. Pour son exposition à QG Gallery (2026), il emploie diverses techniques et plusieurs mediums — vidéo, photos, vidéo et sculpture — tout en recourant à son propre corps, au langage et à l’illustration scientifique. Si la multiplicité des styles de l’artiste peut surprendre, l’œuvre révèle une cohérence profonde, fondée sur une attention constante aux conditions mêmes de l’expérience.
En 2025, Quentin Lefranc installait Around Nothing (2023) : un cube transparent, imprimé de repères et de la silhouette de l’artiste en trois postures différentes, au pied de l’édifice conçu par Le Corbusier et Pierre Jeanneret à la Cité Universitaire (Paris). La référence au Modulor s’impose naturellement, ce système par lequel l’architecte suisse met ses édifices à l’échelle du corps humain. Mais qu’indexe-t-il dans Around Nothing ? L’espace de présentation de l’œuvre, l’architecture ou le corps de l’artiste comme étalon ? Cette indexation troublée constitue l’un des principes générateurs de son travail.
Derrière la diversité méthodologique, il y a en fait une profonde cohérence qui relève en partie aux concepts du Concret et de l’Abstrait. Ces notions traversent toute l’histoire de la philosophie, de l’Antiquité jusqu’à la dialectique. Le Concret désigne ce qui existe matériellement et se donne à l’expérience sensible tandis que l’Abstrait renvoie aux idées générales que l’on isole des choses concrètes pour mieux les penser.
Quentin Lefranc s’intéresse aux phénomènes et à leur observation : observer les détails de son propre corps, examiner le rapport de ce corps à l’espace ; tracer une ligne, observer le mouvement des pollens dans l’eau (Robert Brown) ou raisonner le nœud d’une corde (Max Dehn). On remarquera que ces théories modernes ont de nombreux liens dans le monde de l’art et dans notre quotidien : Max Dehn qui a enseigné au Black Mountain College et influencé Anni Albers alors que le mouvement brownien a bouleversé la finance moderne.
Qu’il déploie des formes complexes et énigmatiques ou qu’il observe minutieusement les détails d’un dos, Quentin Lefranc rappelle que les phénomènes sont indissociables des spéculations scientifiques et verbales. Si l’exposition adopte parfois des atours minimalistes ou analytiques, elle affirme surtout qu’aucune œuvre, même la plus irréductible en apparence, n’échappe au phénomène et à la performance — entendue comme processus physique et intellectuel.
Dans le sillage de l’art minimal et conceptuel américain dont les modèles demeurent opérants, mais aussi des recherches européennes qui les ont profondément nourris — de Rudolf Arnheim à Ludwig Wittgenstein —, Quentin Lefranc ne défend aucun argument de filiation ou de concurrence. Il souligne au contraire combien les œuvres, aussi abstraites qu’elles puissent paraître, ne sont jamais autonomes ni isolées, tant il les conçoit comme dynamiques, relationnelles et fondamentalement performatives.
